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Life Artisan : un programme national pour essaimer les solutions fondées sur la nature

Piloté par l'Office français de la biodiversité, le programme Life Artisan déploie depuis 2020 un dispositif ambitieux pour encourager les Solutions fondées sur la Nature face au changement climatique. Avec 16,7 millions d'euros sur huit ans et dix sites pilotes à travers la France, ce laboratoire grandeur nature vise à essaimer les bonnes pratiques et à transformer durablement les politiques publiques d'adaptation.

8 ans

de programme

2020-2027

16,7 M€

de budget financé à 60 %

par l'Union européenne

10

sites pilotes

Comprendre

Accroître la résilience des territoires grâce aux solutions nature

Face aux défis du changement climatique, les Solutions fondées sur la Nature (SfN) s'imposent comme des leviers d'action efficaces. Ces pratiques consistent à protéger et à restaurer des écosystèmes naturels, afin de s’appuyer sur leur fonctionnement pour simultanément garantir de bonnes conditions de vie aux êtres humains et préserver la biodiversité. Elles peuvent être mobilisées efficacement pour s’adapter aux conséquences du changement climatique (villes végétalisées face aux vagues de chaleur, zones d’expansion des crues limitant les inondations, etc.) et améliorer les conditions de vie des citoyens (purifier l’air…).

En France, elles font partie intégrante de la Stratégie nationale biodiversité (SNB 2030), qui vise à enrayer l'effondrement de la biodiversité d'ici 2030, et du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC3), qui accompagne l'action des territoires face au dérèglement climatique à l'horizon 2050.

Un programme ambitieux de 16,7 millions d'euros

C'est dans ce cadre que s'inscrit le projet Life ARTISAN (Accroître la Résilience des Territoires aux changements climatiques par l'Incitation aux Solutions d'Adaptation fondées sur la Nature). Financé à 60 % par la Commission européenne, ce programme est piloté par l'Office français de la biodiversité, sous l'égide du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Doté d'un budget total de 16,7 millions d'euros sur une durée de 8 ans (2020-2027), il s'appuie sur 28 bénéficiaires associés, dont l'ADEME, le Cerema, le Comité français de l'UICN, la CDC Biodiversité, l'INRAE.

Trois leviers complémentaires pour démultiplier les solutions

  • Un programme démonstrateur de 10 sites pilotes répartis sur toute la France, outre-mer compris, représentatifs de situations contrastées (en termes de superficie, enjeux, milieux naturels, type de collectivités). L'objectif : valoriser le potentiel des Solutions fondées sur la Nature à travers des retours d'expérience objectivés par le suivi de 58 indicateurs couvrant cinq dimensions : adaptation climatique, biodiversité, retombées socio-économiques, gouvernance et ancrage territorial.
  • Une animation régionale et nationale pour sensibiliser et faire monter en compétences le maximum d'acteurs. Dans chaque région, un animateur ARTISAN crée et anime un réseau avec les acteurs locaux du climat et de la biodiversité (DREAL, Agence de l'eau, Régions, ADEME, etc.). Un réseau national regroupe les acteurs impliqués autour de 7 groupes thématiques : mobilisation des financements, interfaces science/société, spécificités des SfN en fonction des milieux (urbain, rural, littoral, montagne, outre-mer). Ce réseau organise notamment des forums et les "Trophées ARTISAN de l'adaptation au changement climatique".
  • Des ressources (guides, fiches de retours d'expérience, études, outils d'aide à la décision, etc.) développées et diffusées sur les sites du Centre de ressources pour l'adaptation au changement climatique et de l'OFB.

Agir

De la Seine-et-Marne à la Guyane, dix territoires français passent à l'action dans le cadre du programme Life Artisan. Reméandrage de rivières, mangroves régénérées, cours d'école végétalisées, arbres-éponges sont quelques-unes des solutions testées pour se protéger des inondations, de l’érosion, des canicules ou des sécheresses, tout en restaurant la biodiversité. Tour d'horizon.

Seine-et-Marne : Ancœur retrouve ses méandres et ses zones humides

À Blandy (77), le projet Ancœur 2030 redonne vie à quatre zones humides. Au programme : reméandrage de la rivière Ancoeur, création de mares, restauration de bras morts et d'une zone-tampon artificielle à Rampillon. L'enjeu est stratégique : rétablir la continuité écologique et améliorer la rétention d'eau tout en garantissant la ressource en eau potable face au réchauffement.

Calvados : pour un bocage résilient face au changement climatique

Dans le Hom (14), on replante haies, talus et bandes enherbées pour reconstituer le maillage bocager. Cette infrastructure verte multifonctionnelle vise à freiner l'érosion, réguler le ruissellement, préserver la biodiversité et soutenir l'agriculture locale tout en renforçant la résilience du territoire.

Var : restaurer le marais de l'Estagnol

Le Syndicat de Gestion de l’Eygoutier entreprend de restaurer les 27 hectares du marais de l'Estagnol (83). Évacuation des remblais pollués, aménagements écologiques et accueil du public : le site ambitionne de retrouver progressivement ses fonctions hydrologiques et de devenir un espace de sensibilisation privilégié.

Guyane : le génie végétal équatorial à l'essai

À Remire-Montjoly (97), on mise sur le génie végétal inspiré des écosystèmes guyanais. Huit tronçons expérimentaux (450 mètres linéaires) testent des solutions pour optimiser les écoulements et prévenir les inondations urbaines, tout en stabilisant les berges et en limitant les espèces invasives, avec des coûts d'entretien réduits. Un guide à destination des aménageurs est en préparation.

Lille : les cours d'école se mettent au vert et au bleu

Fini le bitume dans les cours lilloises. Arbres, plantes vivaces, noues d'infiltration, potagers hors-sol et récupération d'eau : la ville désimperméabilise ses cours d'école. Objectifs : atténuer les îlots de chaleur, gérer le ruissellement et créer des espaces pédagogiques favorisant le bien-être des élèves.

Lyon : les arbres deviennent des éponges urbaines

La métropole lyonnaise a transformé ses fosses d'arbres en véritables ouvrages de gestion des eaux pluviales. Agrandissement des fosses, abaissement des bordures, tranchées d'infiltration : ces "arbres de pluie" captent le ruissellement, réduisent la pression sur les réseaux et rechargent la nappe phréatique tout en améliorant la santé des végétaux et en favorisant la biodiversité.

Martinique : la mangrove reconquiert la Pointe des Sables

À Fort-de-France (97), des aménagements légers et réversibles sont mis en place pour favoriser l'accrétion sédimentaire et régénérer la mangrove. L'objectif ? En faire un rempart naturel qui protège le port de plaisance de l'Étang Z'Abricots de l'érosion, de l'agitation marine, des cyclones et de la montée des eaux, tout en restaurant les habitats.

Yvelines : 2,7 hectares d'îlots de fraîcheur aux Mureaux

Dans l'écoquartier Molière de la ville Des Mureaux (78), les réserves foncières se transforment en havres de biodiversité : prairies mellifères, plantations fruitières, corridors écologiques. Ces aménagements cumulent les bénéfices : lutte contre les canicules et inondations, refuges pour les pollinisateurs, création de corridors écologiques.

Ille-et-Vilaine : concertation pour le Néal

À Irodouër (35), le projet ResSources du Néal mise sur la co-construction avec les acteurs locaux pour restaurer zones humides, cours d'eau et bocage sur le bassin versant. Le dialogue territorial devient ici l'outil central pour construire des solutions permettant de réguler les débits et de reconstituer les écosystèmes.

Ariège : la forêt résiliente se teste sur le terrain

Le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises expérimente à Montels (09) de nouveaux modes de gestion forestière. Chercheurs, collectivités et professionnels collaborent pour produire des référentiels technico-économiques et faciliter l'adoption de pratiques adaptées au changement climatique.

Les premiers enseignements des sites pilotes

Les retours d'expérience des dix sites pilotes révèlent déjà des apprentissages précieux : si les blocages financiers, fonciers et techniques peuvent freiner certains projets, la concertation locale et l'adaptation au contexte s'avèrent déterminantes pour leur réussite. La montée en compétences des équipes et la capitalisation des savoirs ouvrent la voie à la réplication des solutions et à leur intégration dans les politiques publiques.

En savoir plus : consulter la page dédiée du site de l'Office français pour la biodiversité.

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