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Une trajectoire de référence pour s'adapter au changement climatique

À quel climat faut-il se préparer en France ? Pour anticiper les changements à venir, la France s'est dotée d'une Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC). L'objectif ? Fournir à l'ensemble des acteurs publics et privés un référentiel commun leur permettant de construire leurs stratégies d'adaptation. Depuis le 26 janvier, elle est inscrite dans le code de l'environnement. 

Qu'est-ce que la TRACC ?

La TRACC répond à une question essentielle : à quel climat devons-nous nous préparer en France ? Jusqu'à présent, chaque collectivité s'appuyait sur des hypothèses disparates et complexes, rendant difficile l’appropriation du sujet. Définie par le ministère de la Transition écologique à partir des travaux du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), la TRACC établit désormais le référentiel sur lequel tous les acteurs – État, collectivités, entreprises – doivent aligner leurs stratégies.
Son ambition : offrir une vision partagée du climat futur pour orienter les décisions à long terme. La TRACC définit un niveau de réchauffement progressif.

Pour l'Hexagone et la Corse, elle prévoit une hausse des températures de : 
• +2°C dès 2030, 
• +2,7°C en 2050
• +4°C à l'horizon 2100.

Cette trajectoire correspond à un réchauffement mondial atteignant +3°C d'ici 2100 par rapport à l'ère préindustrielle (1850-1900). A partir de ces niveaux de réchauffement, Météo-France a développé une batterie d’indicateurs et une étude cartographiée détaillée de l'évolution des aléas climatiques (canicules, sécheresses, précipitations…). Toutes les régions ne seront pas exposées de la même manière. Les données sont déclinées territoire par territoire, permettant à chaque commune, intercommunalité, département ou région de visualiser concrètement les changements à venir.

Quelle situation en Outre-mer ?
Ces niveaux de réchauffement correspondent pour les Outre-mer à : 
• Guyane : +1,7 °C en 2030 ; +2,3 °C en 2050 ; +3,5 °C en 2100 ;
• La Réunion : +1,5 °C en 2030 ; +2,0 °C en 2050 ; +2,9 °C en 2100 ;
• Mayotte : +1,5 °C en 2030 ; +2,0 °C en 2050 ; +3,0 °C en 2100 ;
• Nouvelle-Calédonie : +1,5 °C en 2030 ; +2,0 °C en 2050 ; +3,0 °C en 2100.

 Depuis septembre 2025, Météo-France met progressivement à disposition de nouvelles projections climatiques à l’échelle locale pour les territoires ultramarins sur le portail DRIAS, Les futurs du climat.

 


Evolution du réchauffement climatique dans le Monde et en France hexagonale/Corse
par rapport à l'ère pré-industrielle

La trajectoire la plus probable au vu de la situation actuelle

La TRACC repose sur l’hypothèse la plus vraisemblable au vu des faits actuels : elle tient compte du niveau de rejets de gaz à effet de serre émis dans l'atmosphère si les politiques climatiques actuelles se poursuivent et si les Etats tiennent leurs engagements de réduction des émissions (Contributions déterminées nationales prises lors des COP), sans renforcement significatif. On parle de « scénario tendanciel ».

Pourquoi retenir cette trajectoire ? Ne pas se préparer à cette éventualité probable serait irresponsable, même si nous pouvons espérer un réchauffement moindre. L'idée n'est pas de renoncer à réduire les émissions – la lutte contre le réchauffement reste prioritaire – mais d'accepter la réalité et de nous préparer activement à une hausse dont les impacts se font déjà sentir.

Une valeur juridique progressive

Depuis le 26 janvier 2026, la TRACC est inscrite dans le Code de l'environnement. Un décret et un arrêté, soumis à consultation publique à l'automne 2025, précisent son cadre juridique. L'approche retenue est progressive : elle vise à intégrer cette trajectoire dans tous les documents de planification pertinents, sans lui conférer un caractère automatiquement opposable. Ainsi, son adoption n'entraînera pas de nouvelles obligations tant que les réglementations sectorielles n'auront pas été mises à jour. L'intégration de la TRACC dans ces réglementations sectorielles se fera graduellement, permettant aux acteurs locaux de s'approprier cet outil et d'adapter leurs pratiques.

Plan local d’urbanisme, réglementation… ce qui va changer concrètement avec la TRACC 

La TRACC poursuit trois finalités : 

  • Mettre à jour les normes et réglementations : tous les référentiels techniques (bâtiment, transport, énergie, gestion des risques naturels) doivent progressivement intégrer ces projections climatiques. 
  • Accompagner les collectivités territoriales : les documents locaux de planification doivent désormais intégrer la TRACC pour adapter les stratégies territoriales. 
  • Aider les entreprises : chaque secteur économique peut s'appuyer sur ces données pour évaluer sa vulnérabilité et élaborer des plans d'adaptation.

Des projections climatiques alarmantes

Les données scientifiques publiées par Météo-France en 2025 dressent un tableau préoccupant Par exemple, dans le contexte de la TRACC, les étés caniculaires d’aujourd’hui seraient considérés comme normaux, dans une France à +2,7°C en 2050, et même "froids" dans une France à +4°C en 2100. Autres illustrations :

À court terme (2030-2050), les vagues de chaleur seraient cinq fois plus fréquentes avec des températures pouvant atteindre 48°C. Les sécheresses s'allongeraient d'un mois par an, créant un déficit hydrique de deux milliards de mètres cubes. Les incendies doubleraient en fréquence et quadrupleraient en surface, tandis que l'enneigement en moyenne et basse altitude diminuerait de deux mois.

À long terme (2100), avec un réchauffement de +4°C, la situation devient vraiment critique. Les canicules dureraient deux mois consécutifs avec des moyennes de 40°C et des pics à 50°C en Méditerranée. Les sécheresses s'aggraveraient considérablement, pouvant atteindre huit mois de sol sec dans le Sud. Les précipitations se déséquilibreraient : +15-20% en hiver mais -20% en été.

Visuel Météo France : une France en 2050

Le socle du troisième plan national d'adaptation

La TRACC constitue le fondement scientifique du PNACC-3, publié le 10 mars 2025. Ce plan comporte 52 mesures déclinées en plus de 200 actions concrètes, articulées autour de cinq axes majeurs : protéger les personnes, assurer la résilience des territoires et infrastructures, adapter les activités humaines, protéger les patrimoines naturel et culturel, et mobiliser les forces vives de la nation.

La TRACC se distingue par son approche temporelle en trois paliers. Le troisième plan national d'adaptation n'est pas une stratégie unique à horizon 2100 mais une planification progressive.

D'abord, des actions immédiates visant à préparer le palier de 2030 (+2°C). Ensuite, des mesures de moyen terme axées sur 2050 (+2,7°C). Enfin, des options stratégiques valables jusqu'à 2100, permettant d'anticiper les transformations profondes nécessaires dans un monde à +4°C.

Cette trajectoire sera révisée régulièrement pour tenir compte de l'évolution réelle du climat et des nouvelles projections. Si les efforts de réduction des émissions portent leurs fruits, la TRACC sera ajustée en conséquence. À l'inverse, si les politiques actuelles s'avèrent insuffisantes, elle pourra être durcie. La TRACC reste une hypothèse. Rien n'est gravé dans la marbre. 

Les outils disponibles

Météo-France met à disposition différents outils intégrant les indicateurs de la TRACC:

  • Accessible à tous et pédagogique, Climadiagcommunes  se fonde sur la TRACC. Elle permet à chacun d'accéder facilement à des données sur les principales évolutions à attendre à l'échelle des communes ou intercommunalités.
  • L'application Climat HD propose une vision de l'évolution du climat passé et futur sur la base de cartes nationales et régionales.
     

Pour les utilisateurs plus experts, les portails suivants :

  • Drias les futurs du climat met à disposition des acteurs territoriaux des informations graphiques ou cartographiques tirées des projections climatiques régionalisées réalisées par plusieurs laboratoires de modélisation du climat.
  • Drias, les futurs de l'eau a pour vocation de mettre à disposition des projections hydrologiques des eaux de surface et souterraines.
  • Climadiag Agriculture et Forêt permet aux acteurs de la filière agricole et forestière d’évaluer la vulnérabilité de leurs pratiques et de leurs territoires au changement climatique pour près de 300 indicateurs.



 

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